Tragédies à Rigaud

En 1953, Robert-Lionel Séguin rapportait que le premier glissement de terrain survenu à Rigaud eut lieu bien avant la découverte du Canada dans le secteur que l’on nomme aujourd’hui le rang du Petit-Brûlé.

Le 10 mai 1829

En ce dimanche de mai, la famille Leblanc vaque à ses occupations dans sa résidence du Petit-Brûlé. Mme Leblanc vient d’envoyer son fils, Michel, à l’étable pour voir aux poules couveuses quand soudainement la terre commence à trembler, ébranlant les fondations de la maison. Mme Leblanc et son autre fils Bruno se précipitent à l’extérieur de l’habitation, mais au moment où ils descendent de la galerie, le sol s’ouvre sous leurs pieds et ils disparaissent à tout jamais. Ce glissement de terrain entraine avec lui la maison, les arbres et les animaux avant de rejoindre l’abysse de la rivière Rigaud. Malgré toutes les recherches, les malheureuses victimes ne furent jamais retrouvées.

Le 17 octobre 1846

Durant cette journée, un nouvel éboulis se produit sur les propriétés de Michel Dumouchel et d’Amable Labre. Vers 3 heures de l’après-midi, les gens de Rigaud entendent un bruit assourdissant et constatent qu’une portion de terrain de plus de 4 arpents de largeur sur 2 de profondeur est en mouvement. La masse de glaise suit l’escarpement du terrain et déborde au-dessus du lit de la rivière. L’eau monte de 10 mètres inondant plusieurs terrains en amont. Un canal est creusé pour permettre l’évacuation de l’eau, mais une grange et une maison sont englouties. Au cours de ce drame, 2 femmes et un bébé de 9 mois se trouvaient à l’intérieur de l’une des maisons. Lorsque survient la tragédie, les 2 femmes se précipitent dehors et Mme Labre saisit Sophie, son poupon de 9 mois, et l’entraîne à l’extérieur où elle est ensevelie jusqu’à la taille par un torrent de boue. Dans cet environnement hostile, elle réussit à tenir son bébé à bout de bras. Elles sont rescapées par un voisin dont l’histoire n’a pas retenu le nom. Sa belle-sœur a moins de chance, car elle est tuée par la chute d’un poêle. Son corps affreusement mutilé est retrouvé dans les décombres de la maison.

Le 3 mai 1978

Une nouvelle tragédie se produit au rang du Petit-Brûlé lors de l’installation de pylônes pour le compte d’Hydro-Québec. Les ouvriers s’affairaient à souder la base d’une ligne électrique lorsque le sol se met à glisser emportant le grutier Yvon Ayotte. Son corps enseveli debout fut retrouvé le 5 mai sous 5 pieds d’argile.