Corinne Dupuis et Roger Maillet

Corinne Dupuis-Maillet, décédée en 1990, à l’âge de 95 ans, était la fille de Narcisse Dupuis, le président des magasins Dupuis Frères, mais c’était surtout une artiste accomplie qui avait épousé le colonel Roger Maillet, un très coloré éditeur et un mécène fort original. Ce couple a grandement contribué à la promotion des arts au Québec.

Un couple à découvrir

Corinne Dupuis a fait publier les œuvres de plusieurs jeunes talents issus du milieu littéraire de son époque. Musicienne, peintre de renom, elle produit des aquarelles et des peintures satiriques inspirées du dadaïsme et du cubisme. Certaines de ses œuvres sont signées Rhobena Dippy et Colin Martel. En 1973, elle est décorée de l’Ordre du Canada.

Son époux, Roger Maillet, est né à Montréal en 1896. De 1911 à 1913, il étudie au Collège St-Stanislas de Paris. De retour au pays, il obtient un diplôme en droit de l’Université Laval. En 1916, il s’engage alors dans l’armée et devient pilote du Royal Flying Corps. En juillet 1919, il revient au pays avec le grade de lieutenant. L’année suivante, il épouse Corinne Dupuis qui lui donnera 2 filles, Françoise et Andrée, une écrivaine réputée.

À la suite de son père, Gaston, éditeur du journal Le Matin, Roger et son frère Roland fondent en 1926 Le Petit Journal, un hebdomadaire à sensation. C’est le premier hebdomadaire à atteindre un tirage d’un million d’exemplaires, devenant l’hebdomadaire de langue française le plus vendu en Amérique. Ce journal contribue à la fortune personnelle des Maillet et, vers 1930, le colonel achète une propriété dans l’Île-Perrot où il fait construire un somptueux domaine qu’il baptise du nom de L’Arche.

L’Arche

Érigée dans l’Île-Perrot, l’Arche est un bâtiment de 70 mètres de long constitué d’ajouts architecturaux successifs. On y retrouve des éléments provenant de l’hôtel Windsor et une chapelle dont la porte d’entrée provenait de l’ancienne prison du Pied-du-Courant, là ou furent emprisonnés plusieurs patriotes de 1837-1838. En 1954, le colonel fait l’acquisition du moulin seigneurial situé à Dorion. Acquis pour 100$, le moulin est démonté pierre par pierre et reconstruit sur le domaine de l’Arche. Décédé le 13 mars 1960, à l’Hôtel-Dieu de Montréal, le colonel léguait son moulin au gouvernement du Québec qui le refusa, puisque le bâtiment n’avait plus de valeur historique, car il avait été déplacé hors de son contexte. En avril 1965, le domaine de l’Arche était consumé par un incendie qui emportait avec lui une page de notre histoire.