Gustave Boyer, notable de Rigaud

Gustave Boyer est un personnage fascinant qui a marqué l’histoire de notre région autant par son engagement politique que par sa démarche médiatique dans Vaudreuil-Soulanges.

Politicien et vétérinaire

Né le 29 novembre 1871, de l’union de Benjamin Boyer et d’Angéline Latour, Gustave fait ses études au collège de St-Laurent, puis en médecine vétérinaire à l’Université Laval avant de s’établir à Rigaud à la fin d’avril 1893. En 1897, il signe des chroniques agricoles dans le journal La Patrie de Montréal. Nommé conférencier par le ministère de l’Agriculture du Québec, il participe à la création de plusieurs cercles agricoles. Il est élu député libéral pour la première fois en 1904 dans la circonscription de Vaudreuil. En 1907, il est élu maire de Rigaud, fonction qu’il occupera jusqu’en 1920. Réélu député en 1908, il conserve son poste jusqu’en 1922, date à laquelle il est nommé sénateur.

Journaliste

Pour Gustave Boyer, 1907 est une année charnière puisque c’est à cette époque qu’il est élu maire de Rigaud. C’est aussi l’année où il épouse Paméla Rhéaume et qu’il fonde L’écho de Vaudreuil, un journal populaire dont il est le rédacteur en chef. Cet hebdomadaire publié en en 1907 et 1908 informait les cultivateurs de la région sur une foule de sujets : les semences, les maladies des animaux, les remèdes pour les soigner. Il présentait des articles de fond sur l’actualité régionale, nationale et internationale. Il y avait même des chroniques féminines, ce qui démontre bien son avant-gardisme pour l’époque.

Major des Hussard

Gustave Boyer fonde également en 1907 l’Escadron A du 33e Hussard, dont les quartiers généraux sont basés à Rigaud. Convaincu de l’importance d’une milice locale bien organisée, il trouve le temps d’assumer, à titre de major, le commandement en second de l’escadron. Les archives nous apprennent que, bon an mal an, ces troupes d’élite de la milice canadienne comptaient entre 65 et 68 troupiers pour autant de chevaux. En 1914, l’escadron possède 142 carabines, 78 baïonnettes et autant de sabres. Lorsque l’Angleterre déclare la guerre à l’Autriche-Hongrie en août 1914, cela eut des répercussions immédiates au Canada. Au Québec, Henri Bourassa avait dénoncé vivement la politique de l’Angleterre face à la récente guerre des Boers et tenait des propos nationalistes qui le mèneront à se prononcer contre la conscription. Gustave Boyer comprend alors qu’il valait mieux ne plus parader et il décide de saborder l’escadron sans le consentement du Parlement.