26 avril 1846 : Lettre de Louise Bénédicte à Catherine Chaussegros de Léry

Résumé de la lettre

Louise-Bénédicte Bongars de Vaudeleau écrit à sa belle-sœur Catherine Chaussegros de Léry habitant au Canada. Elle croit qu’elle n’a pas reçu sa dernière lettre lui annonçant le décès de François-Charles. Elle fait appel à sa belle-sœur pour l’aider financièrement et lui demande de lui écrire rapidement.

Mots clés

Organisation sociale

Transcription


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Lettre du 26 avril 1846, page 1

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Ma chere sœur

Je suis bien persuadée que vous n’avez pas reçu
la lettre que je vous ai écrite le 11 de janvier
dernier[1], par la quelle je vous fesoit part de la
cruéle perte que je venois d’éprouver le 6 du
même mois, jour a jamais malheureux pour moi.
Oui le seul ami, le seul protécteur qui me restoit
sur la terre, m’a eté enlevé après 6 mois
de souffrance. Si vous eussiez reçu ma lettre
je suis certaine que vous m’auriez au moins ecrit
un mot de consolation pour adoucir ma douleur,
car, ainsi que je vous le marquoit, ses derniéres
paroles, ont été pour vous, et pour benir
votre souvenir, en me recommandant de ne
jamais vous oublier. Depuis ce tems je suis restée
seule, dans cette douloureuse place que je n’ai pu
quitter, et qui est maintenant le seul témoin de
mes larmes. Je suis bien souffrante, ma sœur,
si je n’avois pas renvoyer les avides doméstiques
qui m’ont ruinée pendant près d’un an je n’aurois
pas aujourd’hui la possibilité de me donner le
nécéssaire a 75 ans, et une foible santé. Tout


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Lettre du 26 avril 1846, page 2

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m’a eté enlevé avec lui, puis qu’il n’avoit rien que
de viagér, et que par une nouvelle loi, notre
gouvernement, n’accorde plus d’indemnité, aux veuves
des officiers millitaires. Il n’a donc pu me rien
laisser que son mobilier, et c’etoit bien son
plus grand, chagrin en quittant la vie.
Je ne vous demande rien, ma sœur, vous ne
me devez rien, seulement, si les derniers mois
de son éxistence, peuvent être dû légitimement
dans ce que vous étiez si éxacte a lui envoyer
chaque année, comme il m’a laissé tout ce qui
pouroit lui apartenir, cette somme me seroit,
d’un grand secours pour payer le peu de dettes
qu’il ma laissé, car j’ai voulu, qu’on lui rendit
a ses funérailles tout les honneurs dus a son
grade, son rang, ses services millitaires, et surtout
a ce que je devois de regrets a sa bonté
pour moi.

Pardon, ma pauvre sœur, de mon grifonage, ma
foiblesse est éxtrême, car depuis 3 mois, je ne
mange, n’y ne dort, et ma santé souffre cruélement
de ce dernier coup a nos anciens malheurs
aujourd’hui, je n’ai plus d’apui pour le suporter.


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Lettre du 26 avril 1846, page 3

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De grace, ecrivez moi de suitte un seul mot, un
mot qui me dise que vous partagé ma douleur,
que ce soit en mémoire de ce bon frere, qui vous
aimoit tendrement.

Adieu, chere sœur, conservé votre santé, ainsi que
vos chers enfants que j’embrasse, de tout mon
cœur, donnez moi, promptement de vos nouvelle
et croyez moi pour la vie

Votre affectionnée
sœur.

La Csse de Beaujeu

Rue St Pierre, no 18, à
Senlis ce 26 avril, 1846


P03/A.297, Fonds De Beaujeu, Centre d'histoire La Presqu'île

Notes

  1. La lettre est datée du 9 janvier 1846.
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