18 octobre 1845 : Lettre de François-Charles à Catherine Chaussegros de Léry

Résumé de la lettre

Louise Bénédicte Bongars de Vaudeleau écrit cette lettre pour François-Charles à la belle-sœur de ce dernier habitant au Canada. Il est heureux d'avoir enfin des nouvelles et la remercie pour son soutien. Il parle de ses indemnités de St-Domingue qu'il a peur de perdre.

Mots clés

Organisation sociale, réalités politiques, réalités économiques

Transcription


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Lettre du 18 octobre 1845, page 1

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Ma chere sœur

J’étois depuis deux mois dans une grande inquiétude de
votre santé, et de célles de toute votre famille, ne recevant
pas de vos nouvelles à l’époque accoutumée. Et lorsque
j’ai reçu votre bonne lettre le 18, 7bre[1] j’étais dans mon
lit avec la fiévre dont je ressens souvent quelques accès, ce
qui m’affaiblit beaucoup en me retirant l’apetit. J’ai repris un
peu de courage en recevant une nouvelle preuve de votre
consolante amitié, sans elle je n’aurais pas la force de supporter
les calamités qui s’acharnent a notre malheureux sort. Les
nouvelles de St Domingue que nous recevons nous font craindre
de perdre les modiques annuités accordées par Haity sur nos biens
et depuis 2 ans ce gouvernament toujours en révolte n’a pas
payé un sou aux colons, malgré les conditions du traité fait
avec la France[2]. Toutes ses inquiétudes, ma chere sœur
augmentent les souffrances de ma viéllesse, et me rendent bien
triste. J’attendois aussi un souvenir de ma nièce qui m’avoit
tant promis il y a un an en partant de m’écrire aussitot
son arrivée en Canada, il m’est bien pénible de penser que
semblable à George, ils vont oubliér leur vieil oncle, le
frere de leur pere. Il n’y a donc que vous, ma chere sœur
qui faite ma consolation, et me tenez lieu de ma famille
aussi je vous en garde ainsi que ma femme, une véritable
reconnoissance, et nous vous en remercions l’un et l’autre de
tout notre cœur. Dites a vos enfans que malgré leurs torts à


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Lettre du 18 octobre 1845, page 2

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mon égard, je les aime toujours. Adieu, ma chere sœur, conservez
pour nous votre bonne santé, ma femme vous en prie, ainsi que
moi, c’est le seul bien qui nous reste. Nous vous embrassons, comme
nous vous aimons.

Tout a vous, votre frère

Le Cte de Beaujeu.

Je suis heureux d’aprendre que ma sœur Biron se porte toujours bien
embrassé la pour son vieux frere.

Senlis ce 18. 8bre[3] 1845


P03/A.295, Fonds De Beaujeu, Centre d'histoire La Presqu'île

Notes

  1. 7bre = septembre.
  2. François-Charles confirme qu'il a finalement reçu une part modique des indemnités qu'il attendait depuis plusieurs années sur les biens de St-Domingue.
  3. 8bre = octobre.
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