1 octobre 1836 : Lettre de François-Charles à Catherine Chaussegros de Léry

Résumé de la lettre

François-Charles écrit à sa belle-sœur Catherine Chaussegros de Léry habitant au Canada. Il s’inquiète de l’incendie qui a ravagé sa maison, la remercie de lui donner des nouvelles de sa sœur Beaujette et précise que le coût de la vie est devenu hors de prix. Il ajoute que les domestiques sont débauchés et que désormais, c’est son épouse qui s’occupe de la cuisine et des choses de la maison.

Mots clés

Organisation sociale, réalités économiques

Transcription


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Lettre du 1 octobre 1836, page 1

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Ma bien bonne sœur

Je reçois votre lettre ce 29 septembre. Vous dire, chère sœur,
le plaisir que nous avons eprouvé en apprenant que vous jouissiez
alors, d’une bonne santé, et que de plus la providence vous avait
préservée d’une perte considérable dans l’incendie de votre maison;
ne peut être compris que de vous qui, connaissez toute l’etendue de
l’intérêt que nous vous portons. Puisse, chère sœur, cette sage
providence être toujours votre compagne! Qui plus que vous, mère respectable,
parente sensible, serait plus digne d’une telle faveur?

J’ai reçu à la fin de juillet, une lettre de mon cher George. Ma réponse
doit lui être parvenue[1]; et j’espère qu’il vous en aura fait part.
Je vous rends grace de la bonne nouvelle que vous me donnez de mon
ancienne compagne, de ma bien aimée Beaujette. Veuillez lui dire que
son vieux frère l’embrasse de toute son âme.

Tout est hors de prix, d’après la secheresse et les évênemens affreux
que nous avons éprouvés. Il semble que les têtes soient influencées
par le désordre des saisons; le luxe est porté au dernier période,
même dans le peuple des campagnes; il faut être riche maintenant, pour
se faire servir; les domestiques sont mauvais, débauchés, voleurs,


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Lettre du 1 octobre 1836, page 2

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aussi mon excellente femme, malgré sa faible santé, malgré son
âge, fait, non seulement notre petite cuisine, mais se multiplie, pour
ainsi dire, car elle s’occuppe de tout le détail de sa maison; et si je suis
souffrant, je la retrouve encore la meilleure garde-malade; enfin, elle
et vous, chère sœur, vous devriez servir de modèle aux femmes de votre siecle.

Adieu, bonne sœur, conservez votre santé, elle est si précieuse à votre famille,
à vos parens; que ce serait prodiguer leur bien, que d’en agir autrement.
Veuillez nous rappeler au souvenir de vos enfans, et agréer de la part
de ma femme, et de la mienne, tous les sentimens que peuvent dicter
la plus parfaite amitié, et la plus vive reconnaissance.

Votre affectionné frère,

Le Cte de Beaujeu.

Chamant, ce 1r octobre 1836.


P03/A.288, Fonds De Beaujeu, Centre d'histoire La Presqu'île

Notes

  1. Voir la lettre précédente datée du 12 août 1836.
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