1 décembre 1834 : Lettre de François-Charles à Catherine Chaussegros de Léry

Résumé de la lettre

François-Charles écrit à sa belle sœur Catherine Chaussegros de Léry, veuve de son frère Saveuse, habitant au Canada. Il se plaint du peu de sentiments que lui porte sa famille restée au Canada et s'étonne de ne pas avoir reçu de leurs nouvelles.

Mots clés

Organisation sociale

Transcription


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Lettre du 1 décembre 1834, page 1

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Chamant ce 1r xbre 1834

Ma chère sœur

Si je ne puis concevoir la cause du silence que vous gardez à mon
égard, depuis deux ans; n’ai-je pas pas plus de droits encore
d’être surpris que mon neveu n’ait pas daigné répondre à aucune de
mes lettres[1]? Mais tout en cherchant les raisons d’une aussi inscousciente
conduite, il est tellement pénible de douter des sentimens de ceux
qui nous sont chers, que j’aime mieux me livrer à l’illusion de
penser que des evênemens m’ont seuls privé de recevoir de vos
nouvels, que dis-je, d’oser soulever un voile qui, peut être, me cache
le peu d’intérêt que m’accorde une famille sur laquelle cependant
j’ai reversé tout le sentiment que je portais à son chef.

Non, non, je ne puis me livrer à cette cruelle idée! Eh quoi! je me serais
trompé a ce point! Ce neveu que je regarde comme mon fils, refuserait
à ma tendre amitié, quelques lignes de consolation, d’intérêt? Il oublirait
tous les malheurs qui non seulement m’accablent aujourd’huy, mais
que les années qui s’accumulent sur ma tête rendent plus poignans
encore, quand en m’entrainant à mon dernier azile, elles trainent
aussi mon infortunée compagne au plus affreux dénuement?


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Lettre du 1 décembre 1834, page 2

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Non, non, je le repette, je ne puis le penser…

Oui, ma chere sœur, il m’est bien plus doux, bien plus
flatteur d’espérer que cette année me sera plus favorable en
recevant de vos nouvelles, du paresseux George, de ma silencieuse
niece, surtout en apprenant que vous jouissez tous, de la santé
et du bonheur. Ce sont les vœux que me dicte la constante amitié
que je vous ai vouée, ma chère sœur, ainsi qu’a vos chers enfans.

Le Cte de Beaujeu.

P.S. Ma femme dont la santé n’est
pas très bonne, me charge de la rappeller
à votre souvenir, et de ne pas l’oublier
auprès de votre famille.


P03/A.284, Fonds De Beaujeu, Centre d'histoire La Presqu'île

Notes

  1. Dans ses lettres du 1 mars 1833 et du 2 mars 1833, François-Charles mentionne avoir reçu des nouvelles de sa famille en Canada. On peut supposer que la réception de ces lettres s'est faite à la fin de 1832 donc, à la date où il écrit cette lettre, plus de deux ans se sont écoulés. Il se plaint que son neveu n'ait répondu à aucune de ses lettres. C'est une affirmation étonnante puisque l'on sait que Georges-René lui a envoyé au moins une lettre à la fin de 1832 et que depuis, François-Charles n'a sans doute écrit que les lettres du début mars 1833 dont celle du 1 mars 1833, qui était adressée à Georges-René.
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