19 avril 1829 : Lettre de François-Charles à Georges-René

Résumé de la lettre

François-Charles écrit de Chamant à son neveu Georges-René de Beaujeu qui est à Paris. Il se dit heureux d’avoir reçu une lettre de lui et peiné de ne pouvoir l’embrasser une dernière fois avant son départ pour le Canada. Il accepte avec joie la proposition de correspondance de son neveu.

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Organisation sociale

Transcription


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Lettre du 19 avril 1829, page 1

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Chamant ce 19 avril 1829.

Je reçois avec le plus sensible plaisir, mon cher neveu,
les expressions de ton amitié. Tu as grande raison, mon ami,
de penser que je ne tiens nullement aux belles phrases
pour peindre ce sentiment qui, vraiment n’a besoin pour
persuader, que des simples expressions du cœur. Oui,
mon cher George, il m’est doux de penser que toutes les
tiennes ne partent que de ce principe; et tu peux être persuadé
que mes sentimens pour toi, viennent de la même source.
J’ai été, je te l’avoue infiniment peiné de ne pouvoir
t’embrasser avant une séparation[1] (sans doute
eternelle) Ta tante qui t’aime beaucoup et qui est
on ne peut plus sensible à ton souvenir, a partagé
ma privation et me charge de t’en peindre toute
l’amertume.

Oui, mon ami, j’accèpte l’offre aimable de ta correspondance.
Toujours, toujours je verrai avec un nouveau plaisir
les assurances de ton amitié et plus souvent, sans doute,
des nouvelles de ta famille que j’aime et aimerai
toujours malgré son silence. Charge-toi, cher George,
d’être mon interprête près de ta mère et de ma niéce[2]
à laquelle je feroies des reproches, si mon cœur
ne venait arrêter ma plume.


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Lettre du 19 avril 1829, page 2

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Pour toi, ne nous oublies donc point, mon cher
enfant, car ce titre sacré que mon âme t’a donné
depuis longtems, mérite de la tienne un éternel
souvenir.

Adieu donc, cher enfant, puisse le bonheur
être toujours ton partage! Puisse-t-il être
celui de tous les tiens.

Ton oncle

Le Cte de Beaujeu

P.S. Présente à ton père
nos derniers embrassemens.


P03/A.271, Fonds De Beaujeu, Centre d'histoire La Presqu'île

Notes

  1. François-Charles ne reverra jamais son frère qui quittera la France avec sa famille, le 24 avril 1829, pour visiter l'Angleterre avant de revenir au Canada.
  2. Il s'agit de Catherine-Charlotte de Beaujeu. Voir sa biographie.
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