2 janvier 1829 : Lettre de François-Charles à Saveuse

Résumé de la lettre

François-Charles écrit de Chamant à son frère Jacques-Philippe Saveuse de Beaujeu qui est à Tours. Il est déçu de l’attitude de son cousin St-Denis qui lui offre 1200 francs pour ensuite vouloir réduire cette somme à 600 francs. Il semble y avoir un malentendu entre lui et St-Denis sur les sommes que François-Charles a déjà reçues. Il s’informe par ailleurs du départ de Saveuse de Tours.

Mots clés

Organisation sociale, activités économiques

Transcription


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Lettre du 2 janvier 1829, page 1

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Chamant ce 2 janvier 1829.

Il m’est, je te l’avoue, mon cher frere, très
pénible de voir l’irrésolution de Mr de
St Denis, dans les propositions qu’il t’a faites
lui-même. Je ne lui ai jamais rien demandé
à l’égard de la pension qu’il me doit lui seul, et
de sa libre volonté, il m’offre 1200 francs, et
se dédit quand on est au fait et à prendre! Je me
tais… Que sa volonté soit donc faite[1]! Jamais
on ne me verra manquer de procédés envers qui que
ce soit, à plus forte raison à l’égard de mes parens.
J’accepte donc les six cents francs qu’il m’offre,
seulement parce que ma position génée m’y
oblige; car il appartient à mon âme de lui dire,
- Oubliez, mon cher cousin, que vous me devez;
ainsi que je l’oublie à jamais.

Cependant, mon ami, je tiens à lui répetter,
( parce que je tiens a l’honneur et qu’un
imposteur ne peut s’en targuer ) que je n’ai
jamais reçu de Mr de St Denis que cent
écus, et je le jure devant l’Eternel.


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Lettre du 2 janvier 1829, page 2

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Tu ne me parles point de ta famille, ni de l’époque
de ton départ de Tours[2]. Tu sais le vif intérêt
que nous prenons à ma prémière question, et
le désir que nous avons de voir la seconde
s’effectuer avant peu, car, comme je te le mande
dans ma derniere, je ne te reverrai donc, que
pour te dire un éternel adieu!

Ma femme me charge de la rappeller à ton
souvenir, à celui des tiens; sa convalescence
est lente, mais elle est l’effet de la mauvaise
saison et peut être du peu de bonheur dont
nous jouissons, que la volonté de Dieu soit
faite!

Adieu, mon ami, reçois nos vœux les plus
vrais.

Toujours à toi,
ton frère

Le Cte de Beaujeu.


P03/A.269, Fonds De Beaujeu, Centre d'histoire La Presqu'île

Notes

  1. Il s'agit probablement de Louis Barbe Juchereau, marquis de St-Denis, petit fils de Thérèse Migeon, la grand-mère de François-Charles, et de Charles Juchereau de Beaumarchais. Nous n'avons aucune information concernant cette pension qui lui est due par son cousin.
  2. Nous n'avons pas la date exacte de leur départ de Tours. Cependant, nous savons que la famille se trouve à Paris quand François-Charles écrit sa lettre du 29 janvier 1829.
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