26 décembre 1828 : Lettre de François-Charles à Saveuse

Résumé de la lettre

François-Charles écrit de Chamant à son frère Jacques-Philippe Saveuse de Beaujeu qui est à Paris. Dans cette lettre, il est question d’une entente qui se serait passée en 1781, entre un cousin St-Denis et l’abbé de Beaujeu, à propos d’une pension à verser à François-Charles. Il mande son frère de bien vouloir négocier pour lui avec ce monsieur St-Denis du montant d’argent à recevoir.

Mots clés

Organisation sociale, activités économiques

Transcription


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Lettre du 26 décembre 1828, page 1

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Chamant ce 26 xbre 1828

Ne m’ayant pas, mon ami, donné ton adresse dans ta
prémière lettre du dix neuf novembre[1], dans laquelle
tu me parles de mon affaire avec notre cousin St Denis[2],
je t’ai répondu à l’heure même à l’adresse de Mr. de
Mr Landrieve[3], et suis bien étonné que ma lettre ne te
soit pas parvenue, ainsi que la prémière[4]. Enfin
je dois reconnaitre en cela mon étoille qui, souvent
m’égare malgré mon désire de bien faire.

J’entre donc en matiere et je vais te répetter ce que
je te mandais dans ma derniere. Prémierement
notre cousin se trompe, en disant qu’il m’a fait
passer par Mr Fleury[5] deux fois de l’argent,
je jure sur l’honneur n’avoir reçu qu’une seule
fois cent écus, et je ne puis croire que Mr de St
Denis ait eu alors la pensée de sacquitter avec
une aussi faible somme d’une pension de six cents
francs, dont il ne m’a rien payé depuis 1781
époque à laquelle j’etais à St Domingue.

Quant à l’acte qui constitue l’engagement que Mr
de St. Denis prit dans le tems, avec notre oncle
l’abbé de Beaujeu[6]; je suis certain qu’il a éxisté,
mais n’etant pas à Paris lors du décès de ce respectable
oncle[7], j’ignore ce qu’est devenu cet acte et même son


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Lettre du 26 décembre 1828, page 2

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mobilier. Voila tout ce que je puis dire sur ce fameux
engagement, c’est que je n’ai rien reçu depuis 47 ans,
que les cent écus cy dessus précités.

Enfin, mon ami, pour terminer tout différent, et pour
me rendre au désir de notre cousin; j’accepte sa
sa proposition; mais je désirerais, daprès l’état de gêne
ou la maladie de ma femme m’a réduit, que Mr de
St. Denis me fit passer de suite les douze cents francs
qu’il me propose en deux années.

Je te prie, mon cher frère, de traiter cette affaire
avec lui, de lui donner en mon nom, l’abandon de
tous mes droits sur ladite pension, enfin de te
mettre en mon lieu et place dans tout ce qu’il faudra
faire pour assurer la tranquilité de notre cousin, que
je prie de recevoir l’assurance de ma parfaite
amitié.

Grace à Dieu la convalescence de ma femme m’offre
de jour en jour l’espoir de son parfait rétablissement.
Elle voudrait bien ainsi que moi n’avoir pas été
privée aussi longtems du plaisir de vous voir, surtout
lorsque nous approchons d’une éternelle séparation.

Adieu, mon ami, la poste me presse, je te gronderai


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Lettre du 26 décembre 1828, page 3

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dans une autre lettre, en attendant reçois de ma femme et
de moi, pour toi, et pour toute ta famille, les vœux les plus
sincères et l’amitié la plus constante.

Tout à toi

Le Cte de Beaujeu.

P.S. Si Mr de St Denis
refuse absolument ma
proposition, accepte les siennes


P03/A.268, Fonds De Beaujeu, Centre d'histoire La Presqu'île

Notes

  1. Il est question d'une lettre que Saveuse a écrit à François-Charles en novembre 1828. Celui-ci mentionne avoir répondu à la lettre immédiatement. Le fonds De Beaujeu ne dispose pas de cette lettre.
  2. Il s'agit probablement de Louis Barbe Juchereau, marquis de St-Denis, petit fils de Thérèse Migeon, la grand-mère de François-Charles, et de Charles Juchereau de Beaumarchais. Louis Barbe Juchereau est mort à Tours en 1833. Il est le frère de Catherine, citée à la note 7 de la lettre du 2 décembre 1782.
  3. Il s'agit probablement d'Antoine-Gilles Landriève des Bordes, fils de Jean-Marie et de Marie-Gilles Gilette Chaussegros de Léry. Il a épousé en seconde noce Marie-Claire Legardeur de Tilly.
  4. Cette première lettre que François-Charles a écrite à Saveuse, pendant son voyage en France, est celle du 22 juillet 1828.
  5. Nos recherches ne nous ont pas permis de retracer ce dénommé Fleury.
  6. Nous ne possédons aucune information sur cet acte d'engagement.
  7. L'abbé Louis-Joseph de Beaujeu est décédé avant le 17 février 1791; c'est ce que mentionne Marie-Louise de Beaujeu dans sa lettre du 17 février 1791 envoyée à sa mère au Canada.
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