10 août 1807 : Lettre de François-Charles à Joseph-Dominique-Emmanuel

Résumé de la lettre

François-Charles écrit de Paris à son oncle maternel Joseph-Dominique-Emmanuel Le Moyne de Longueuil, habitant au Canada. Cette lettre reprend les thèmes abordés dans sa lettre du 1 août 1807.

Mots clés

Activités économiques, organisation sociale, réalités politiques

Transcription


Page 1
Lettre du 10 août 1807, page 1

Cliquez pour agrandir

Paris ce 10 aout 1807.

Duplicata.

Mon cher oncle

Je vous ai écrit le prémier de ce mois[1] et vous mandois
la misére affreuse où je suis réduit depuis ma rentrée
en France, la déclaration de la guerre ayant fait à
cette époque, retomber St Domingue sous le pouvoir
des négres. Je vous ai fait passer dans ce laps
de tems deux ou trois lettres, mais il paroit qu’elles
ont eu, ou vos réponses, un sort malheureux. Jugez,
mon cher oncle des inquietudes mortelles dans les
quelles m’a plongé un silence aussi long. Cependant
il m’est doux de penser qu’une sage providence, vous
a conservé ainsi que ma mere et mes freres, à toute
ma tendresse, puisse votre reponse m’assurer le bonheur!
N’ayant jamais douté de vos bontés pour moi, je me
plais a croire que vous voudrez bien ne pas me les
retirer dans un moment où la misere exerce sur
moi ses plus cruelles tortures. J’attends quelques
secours de votre amitié, jamais votre malheureux
neveu n’en eut un plus prêssant besoin.


Page 2
Lettre du 10 août 1807, page 2

Cliquez pour agrandir

Mon fils se porte bien, je l’attends dans un mois.
Il revient de cette derniere campagne qui par ses
nombreux succès semble nous promettre bientot
une paix générale[2].

Ne m’oubliez pas, je vous prie, auprès de ma tendre
mere, dites lui pour moi tout ce que l’attachement
le plus respectueux et le plus sincère peut dicter au
meilleur des fils. Offrez mes amitiés à mes bons
freres que je leur conserverai jusqu’à mon dernier
soupir.

Adieu, mon cher oncle, je vous écris succintement ne
pouvant mieux faire étant prêssé de vous envoyer
cette lettre puisse-t-elle vous trouver en bonne santé
et puissiez vous ne jamais douter de mon respectueux
attachement et de ma reconnoissance!

Votre neveu De Beaujeu.

P.S.
Mettez mon adresse chez Mr de Courteiller au château
de Montomer près Couilly à Couilly. Departement
de Seine et Marne.


P03/A.243, Fonds de Beaujeu, Centre d'histoire La Presqu'île

Notes

  1. François-Charles écrit de nouveau à son oncle et reprend les mêmes thèmes que dans sa lettre précédente. En raison de la précarité du courrier, il était d’usage à cette époque de faire un ou plusieurs duplicata d’une même lettre pour s’assurer qu’au moins une de ces missives parvienne à bon port. Ainsi, si une lettre était saisie par un vaisseau ennemi, le destinataire potentiel pouvait ultimement recevoir le duplicata de la lettre originale. Lire la lettre du 1 août 1807.
  2. Il y eut les batailles de Friedland et de Heilsberg en juin 1807 mais nous ne savons pas à laquelle Amédée a participé.
Retour vers le haut de la page