24 mars 1800 : Lettre de Joseph-Dominique-Emmanuel au capitaine Rousson

Résumé de la lettre

Joseph-Dominique-Emmanuel Le Moyne de Longueuil écrit de Montréal à Gabriel Leroux dit Rousson, capitaine de milice de la seigneurie de Soulanges. Il annonce qu’il ne pourra se rendre sur ses terres à cause des conditions climatiques, et qu’il a rencontré James McGill à propos des plans d’un chemin dans sa seigneurie. Il lui demande s’il a des nouvelles de l’arpenteur seigneurial, parti à la rivière du Chêne. Il propose également de rencontrer le notaire Joseph Gabrion et lui recommande de concéder des terres avec parcimonie.

Mots clés

Organisation sociale, occupation du sol, devoirs et droits seigneuriaux

Transcription


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Lettre du 24 mars 1800, Joseph-Dominique-Emmanuel au capitaine Rousson, page 1

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Capt. Rousson. Montréal 24. mars 1800.

Je n’ai reçu aucune de vos nouvelle mon cher capitaine,
depuis ma derniére, où je vous marquois que j’avois le baril tout
prêt à vous envoyer, si j’eus trouvé quelqu’un je vous l’aurois fait
parvenir, je me flatte que vous avez bien avancé à vos ouvrages, et
voila un temps doux qui vous mêt de l’eau dans les bois, il y a
grande apparence que la nouvelle lune de mars nous donnera
du froid.

J’ai vû M[onsieu]r McGill et le plan du chemin, il ést bien
de votre avis, mais il ne peut rien décider, tout cela ést réferré au
grand-voyer, et je vois que l’on commencera qu’au mois de juin.
Qui ést devenu votre arpenteur, il ne me paroit pas arrêté, j’apprends
qu’il ést parti avec arme et bagage pour la riviere du Chêne.
Je ne sais si M[onsieu]r de Boucherville peut s’arrêter sur lui pour
le chemin. Je désirerois bien qu’il fût plus constent, je ne sais s’il a
travaillé sur les terres.

Il ést bien décidé mon cher capitaine que je ne puis pas aller
chez moi. Je vous ai déposé toute ma confiance, et en esperant que
vous travaillerez toujours comme pour vous, n’accordez rien tout d’un
coup, sans bien examiné si céla pourroit me faire tort à l’avenir.
Vous avez assez de connoissance et d’intélligence pour prévenir les
affaires, soyez sûr que vous n’aurez pas affaire à un ingrat, qui
reconnoitra sincérement ce que vous ferez pour lui.

Tachez de tirer le plus que vous pourrez d’argent des habitants
afin de pouvoir satisfaire notre monde.

Nous n’avons rien de nouveau, nous ne savons pas encore si
nous devons aller.

Tous les habitants de chez moi, me demandant quelque chose,
vous seront renvoyés, et vous en déciderez vous même, abouchez vous
avec M[onsieu]r Gabrion notaire, afin de concéder les terres avec assurance,
il faut plutôt en moins donner, et être assuré. Faite lui bien mes
compliments, et je lui souhaite une bonne santé ainsi qu’à vous
qui en avez besoin pour volter. Prenez connoissance de la terre du
bonhomme André, et assurez là si bien que personne ne vienne
à y mordre.

Je finis mon cher capit,

N.B.
N’oubliez point de retirer l’argent que j’ai avancé pour
payer l’inspecteur qui est M[onsieu]r Lacroix, à qui j’ai payé les requêtes
et les procés verbaux, je n’ai aucun doute que vous veillerez à cela.


P03/J.48, Fonds De Beaujeu, Centre d'histoire La Presqu'île

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