20 octobre 1785 : Lettre de Joseph-Dominique-Emmanuel à Pointard

Résumé du document

Dans cette lettre rédigée à Montréal, Joseph-Dominique-Emmanuel Le Moyne écrit à son procureur, Claude-Charles Pointard, à Paris. Il règle avec lui des détails concernant la succession de son père, Paul-Joseph. De plus, certaines de ces affaires étant passées par les mains de Doutreleau, maintenant retraité et vieilli, il veut que Pointard fasse des vérifications pour lui. JDE demande à son procureur de ne pas donner d'argent à son neveu, François-Charles de Beaujeu, et de s'informer quant à son futur mariage.

Mots clés

Activités économiques, organisation sociale

Transcription


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Lettre du 20 octobre 1785, Joseph-Dominique-Emmanuel à Pointard

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A Montreal le 20 octobre 1785

Monsieur

Jai reçu avec plaisir votre lettre du 15 avril, avec votre compte.
Il paroit quil manque deux couver, il y en avoit saize, dont douze assiette
et par votre notte il paroit que vous nen avé reçu que neuf unie, et
cinq a listel. Je suis fort etonné que sa ne ce soit pas trouvé, suivant
le compte quil mavoit envoyé, de sa propre main, il faut donc en passé
a ce que vous avez reçu, mais comme il est en enfance, sa femme
pouroit bien les trouvés, sa ne doit pas sécarté. A legard des livres
vous pouvez vous en défaire, je nen est pas besoin. Vous pouvez avoire
trouvé les comptes de troupes dans le tems que nous les avont licencié
a Presle, vous pourrai en faire un paquet, et si vous trouviez par azare
une aucassion à les faire passer a Londre a mon correspondant seux
quil men coute, il me les feroient parvenire par les batiments, jusquaux
pore dicy.

Je vous prie Monsieur de ne point [sé carté] mais pappier par monsieur de Lotbiniere,
+ <je vous prie de vouloire bien divisé le pore de lettre entre M[adame] de Surimaue
et moy et vous luy en demendroit le montant> nis autres affaires, il me marque que ci quel
qu’un de mes livres lui convienne quil le prendra, je le veu de tout
mon cœur, mais ne lui communiqué aucunne de ce qui me regarde.

Vous manoncé avoire vingt couvert unis argant, traizes marc,
deux onzes, deux gros aidemie a ma disposition, je voudroient bien
quil fuse icy sens en payé aucun droit. Je me flatte que vous trou
veroient quelque bonne aucassion a les faire passé a Londre cette
hiver.

Vous trouveroient Monsieur dans les lettres que javois ecrie a
Mr Doutreleau un billet que je lui avoit envoyer, que Mr
Leverié devoit payé a Mad Leduc, cette dame avoit passé ce billet
A Mr de Moulin negotian dans ce pays. Ma belle mere dit a ce


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Lettre du 20 octobre 1785, Joseph-Dominique-Emmanuel à Pointard

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quil ne pouroit pas se faire payé du billet attendue quel etoit
prévilegié, et quil feroit bien de lui remettre, il consentie
de lui abandonné sous condition quil en auroit la moitié.
Ma mere qui ne vouloit pas tout perdre accepta la proposition
et en consequence nous avons fait passé le billet a Mr Doutreleau
en 77 ou 78, et deux anné appres Mr de Moulin me demanda
a tirré sur Mr Doutreleau sa moitié du billet ce que je fid
en lui explican, que si il avoit été payé du dit billet dans
conter la moitié en retenant la moitié des frais, il ne
ma pas repondue depuis ce tems sur cette article ; mais
il a ecrie a madame de Surimaux ma belle sœur et
lui a marqué que javois finie pour le billet, il a eu grand tore
de lui avoire compté pareille chose dautems quil ne ma jamais
rendue aucun compte. Vous verai par les lettres que Mr et Mad
de Surimaux lui ecrive ce qui lui marque de faire.

Je vous previens Monsieur de ne rien donné sur mes fonds
a mon neveux de Baujeu, attendue que je tire sur vous quatre
mil deux cent quatre cent livre, pour le quinze d’aout 1786, je
previens mon neveux attendue que jai ete obligé de bâtir un
autre moulin. Je vous envoie mes certificats de vie que vous
trouverez cijoint. Je ne vous ecris pas par duplicata, ce la
coute trop, nous sommes en temps de paix. Je me flatte quelle
se rendra a bon paure, & je vous souhaite une bonne santé
&

J’ai l’honneur d’etre

Monsieur,

Votre trés humble et trés
obeissant serviteur

Longueuïl

Mad de Longueuïl vou prie de recevoir
ses compliment


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Si toutefois Monsieur vous eussié donnée de l’argent a mon neveux le veutil
recevoire cel cy. Je me flatte que vous ferai toujours honneurs a ma [???] et
que vous ne perderé rien.

Je vous adresse une lettre pour mon neveux de Beaujeu, Monsieur
de Lotbiniere vous dira sa demeur, il ne menvoy pas son adresse,
vous pourrai la joindre sur la lettre. Jespere que vous nous donnerai
des nouvelle. Il me marque quil attend monsieur de Bongar
president à mortier au parlement de Metz pour conclure son
mariage avec la demoiselle, vous etes a même de vous en informé.

Je suis votre serviteur.


26 AP, Fonds Pointard, Archives nationales de France

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