15 octobre 1783 : Lettre de Joseph-Dominique-Emmanuel à Pointard

Résumé du document

Dans cette lettre rédigée à Montréal, Joseph-Dominique-Emmanuel Le Moyne écrit à son procureur, Claude-Charles Pointard, à Paris. Il l'entretient de ses affaires en France et lui demande de vérifier les dires de son neuveu, François-Charles de Beaujeu, selon lequel il serait sur le point de faire un beau mariage. JDE se méfie et ne veut pas donner de l'argent à son neveu sans preuve du sérieux de celui-ci. En terminant, JDE se plaint que la France ait abandonné le Canada.

Mots clés

Activités économiques, organisation sociale

Transcription


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Lettre du 15 octobre 1783, Joseph-Dominique-Emmanuel à Pointard

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A Montreal le 15 8bre 1783

Monsieur

Jai recu avec plaisir votre lettre du 29 mars avec
le petit compte de mes rentes. Je vous suis bien obligé de
la peinne que vous vous donné a menvoyer cette notte.

Je vous previen que jai tiré sur monsieur Doutreleaux
deux milliers de livre de monsieur Brassié, pour le mois
daoust 1784 ce qui vous donnera toute aisence a payer.
En outre, je vous prie de vous informé de Mr Doutreleaux
dun neveux que jai a Paris qui se nomme Beaujeu qui a
servi a St Domingue, et quil connoit, il est parent au fils
de monsieur de Vergenne, ministre des affaires etrangere.
Faitte moy le plaisir Monsieur de voire la conduitte quil
tien. Il ma ecrie cette année, et il me marque quil est dans
lattente dun mariage tres riche, noms pas, pour le
moment mais dans ses esperances qui son certaine.
La demoiselle est belle, agée de quinze ans, appartenante
a un pere qui tien une des premiere place dans la robe.
En outre demoiselle de condition, tenante a une famille
distingué. Voila ce qui me marque san me nommer la
demoiselle, dapres ce detaille vous pourai decouvrire


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Lettre du 15 octobre 1783, Joseph-Dominique-Emmanuel à Pointard

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ses personnes. Je crain bien que cette tournure, est pour
avoire de largent, care il me demande deux mil livre pour
pouvoire sarangé, ci la chose est vray, je ne lui refuseroit
surment pas, mais ci cest pour passé son tems, je seroit
faché de le plongé dans le vice. Enfin Monsieur jespere
que vous voudroient bien, me servire en amie, comme
je le feroit pour un des votre, et de me dire ce qui en est.
Ci il se comporte bien vou pourai lui avancé une
quarantaine de louis, et dans la fin de l’hiver vous pourai
lui en donné autems. Ci ce qui mannonce ce trouve vrai
vous pourai lui donné les deux mil livre, a la foy et en
tirré un recu. Jespere que vous prendrai connoissance
de ses demarches, que vous men feroit pare comme un
bon pere. Il a son oncle qui est curé a St Sulpice qui
se nomme Saveuse Beaujeu. Vous pouriez avoire quel
que eclaircissemens de lui. Comme le jeune homme, est
dune joli figure, je crain quil donne dans le traver, jen
seroit bien faché. Mais ci il se conduit bien il peut etre
sure de me trouvé.

Je vous envoy cijoin, coppie dune lettre que jai remie
entre les mains de Mr de Moulin, negotian de cette ville, a
ladresse de Mr Doutreleaux et a la votre. Ci il arrivoit
quelque accident au bonhomme, je vous priroit de vous
chargé de tout ce quil a a moy, et vous ne menverai rien


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que lorsque je vous le demenderai. Jecri a madame de
Surimeaux, ma belle sœur, de sadresser a vous pour nous
faire passer ses lettres. Elle demeure a Nyor en Poitou
Jespere Monsieur quapres tous ces arrangement, nous auront
une communication libre par Newyorke qui me procurera
le plaisir davoire de vos nouvelles dans lhiver. Nous voyon
dan tous les papier que la France nous a toute a fait a
bandonné, nous navont pas encore de nouvelle que le
traité definitiffe soyent signé. Tous les Halment on été
rapellé et son party. La fregatte qui doit apporte les ordre
du general nest point encore arrivé. Jadresse mes certifica
de vie a Mr Doutreleaux comme a lordinaire. Je nenvoy pas
de duplicata etant en paix.

Je suis avec attachement

Monsieur

Votre tres humble et tres obeissant serviteur

Longueuïl


26 AP, Fonds Pointard, Archives nationales de France

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