1 juillet 1774 : Lettre de Doutreleau à Joseph-Dominique-Emmanuel

Résumé du document

Jean Doutreleau, procureur français de Joseph-Dominique-Emmanuel, écrit à son client au Canada. Il y a à nouveau des problèmes avec les certificats de vie et Doutreleau doit faire des pieds et des mains pour les faire approuver. Doutreleau mentionne à JDE qu'il y a de l'argent disponible pour son moulin. Dans cette lettre, Doutreleau raconte la mort du roi Louis XV et détaille les changements que cela amène dans le royaume de France.

Mots clés

Activités économiques, organisation sociale

Transcription


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Lettre du 1 juillet 1774, Doutreleau à Joseph-Dominique-Emmanuel

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Jay recu Monsieur votre lettre contenant votre
certifficat de vie, ou il n’est point dit qu’il n’y a pas
de resident de la part de France en Canada, ce que
je vous avois fort recommandé parce que cela est
ordonné aux payeurs des rantes, sans quoy on vous
met au rebut et cela m’occasionne bien de l’embaras
parce qu’il faut que j’obtienne du Ministre de la Marine
un certifficat. Comme il n’y a point d’ambassadeur
ny rezident, ou qu’il faut faire bien des courses chez
l’ambassadeur d’Angleterre pour avoir ce certifficat.
Jay eû l’honneur de vous ecrire a la fin de mars
en vous envoyant votre compte comme vous me le
demadés par lequel je etois redevable de
3908# que je vous priois de ne tirer sur moy que
pour le 1er 10 janvier prochain parce que je compte aller a
la campagne a la Toussaint ou je pouray bien passer
deux mois. Je compte que vous m’enverés un
autre certifficat datté du mois de juilliet, ou vous
stipulerés le rezident ou consul.

Si vous avés besoin d’arg[ent] pour votre moulin, vous pourés
tirer un autre millier d’ecus pour le même temps.
Si vous voyés Monsieur Dechambault et qu’il
voulus vous donner 2 ou 3000#, vous pouriés luy
donner sur moy une lettre de change de pareille
somme. Ce seroit toujours autant qui ne vous
couterois pas de frais.

Il y a longtemps que je n’ay eû de nouvelles


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Lettre du 1 juillet 1774, Doutreleau à Joseph-Dominique-Emmanuel

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de Monsieur votre pere. Je le crois chez Mons[ieur] Surimeau.
Comme on paye les pansions assés exactement
Monsieur votre pere ne m’a pas demandé
d’arg[ent] depuis le dernier article que jay porté
sur votre compte.

Je ne scai aucune nouvelle de Madame de Noyan
Je croi qu’elle se porte bien ainsy que Mons[ieur]
De Vaudreuil qui vous aime toujours beaucoup.
Vous me demandés des nouvelles en voicy que
vous scavés peut etre.

Le Roy Louis 15 est mort de la petite verolle il y a
six semaines. Le Roy Louis 16 a exempté son peuple
du joyeux avenement et des droits pour la refonte.
Il a declaré qu’il reconnoissoit toutes les dettes
de l’Etat comme les siennes ce qui asseure a
chacun son bien. Il auroit voulu mieux faire mais
les besoins de l’Etat ne luy permettent pas de
diminuer les impots. Il compte faire des economies
sur la depanse de la cour. Il paroit que luy et
la Reyne qu’il adore ont les meilleurs intantions
du monde mais il est bien jeune. Le pain a
diminué ausitót son evenement a la couronne.
Il entre par une belle porte, et se fera adorer


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Lettre du 1 juillet 1774, Doutreleau à Joseph-Dominique-Emmanuel

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de son peuple s’il continue. On a ecrit au bas de la
statüe d’Henry 4 que vous connoissés, Resurexit, ce qui
luy fait bien de l’honneur.

Comme son grand pere son ayeul et ses ancêtres
sont tous morts de la petite verolle dont il avoit p[eur].
Il vient d’et inoculé avec Monsieur et Madame
la comtesse d’Artois et son mary et se portent
on ne peut pas mieux tous et comptent partir
pour Compiègne le 12 du mois.

M. Daiguillon est disgracié et remercié ainsy que
tous les Dubaris qui sont detestés de tous le monde.
Mad[ame] Dubaris est au Pont aux Dames par lettre
de cachet sans sortir. Son beaufrere est en pays
etranger.

M. De Choiseüil a permission de revenir a Paris.
Sans etre au conseil il est venu remercier le Roy
et reparti le lendemain. On dit même qu’il ne
reviendra a Paris que dans quelques mois.
Il ne me reste qu’a vous souhaiter une bonne
sancté et a Madame, un heritier, et avons
prier de me croire avec le plus sincere attachement
Monsieur votre tres humble et tres obeisant
serviteur. Doutreleau Paris le 1er juilliet 1774

Outre les 3908# et les mil ecus que vous pouvés tirer sur
moy pour le 10 j[anvier] prochain, vous pouvés tirer sur moy
tous les ans a peu pres mil ecus ainsy vous pouvés vous
arranger la dessus pour votre moulin.


P03/H.061, Fonds De Beaujeu, Centre d'histoire La Presqu'île

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